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Sur la frontière - Une exposition d’Ezra Nahmad et Laetitia Tura

24 novembre 2010 par Laetitia

La valla I, Mawari, Melilla, 2008. © LT

La valla, Melilla, 2008 © LT

L’exposition Sur la frontière traite de l’errance migratoire. Le modèle migratoire classique, départ/installation/intégration, semble être aujourd’hui en voie de décomposition. Dans un contexte d’économie globalisée et de précarité généralisée du travail, le durcissement des politiques migratoires engendre des refoulements de frontière en frontière ; les parcours migratoires de plus en plus désordonnés, peuvent durer des années, voire toute une vie. Nous assistons à l’émergence d’une nouvelle forme de nomadisme international, où la vie des migrants est faite d’allers et de retours, de détours, de crises et de cassures familiales. La frontière n’est plus un check-point que l’on traverse ou pas, c’est un territoire immense et dilué, une accumulation de far-wests diffus où se déploie la vie erratique des migrants.

Les photographies de Sur la frontière ont été prises à Bamako avec des expulsés maliens ayant vécu un retour forcé ; et au Maroc, sur les traces des migrants installés aux abords des frontières européennes et qui attendent le moment propice pour traverser. Elles montrent des gens en quête de liberté, pour qui la frontière est devenue par la force des choses un territoire de vie.

Ezra Nahmad

Bamako, 2009. A l’ARACEM, les migrants d’Afrique centrale peuvent faire étape pendant quelques jours. On leur offre le logis et le couvert, un téléphone, des conseils et une assistance. Au bout de quelques jours, ils reprennent la route.© Ezra Nahmad

«J’ai travaillé surtout avec  l’Association Malienne des Expulsés (AME), qui s’occupe d’accueillir et d’aider les  travailleurs maliens renvoyés dans leur pays depuis l’Europe mais aussi avec l’ARACEM qui s’occupe elle,  des migrants qui transitent à Bamako vers le Nord de l’Afrique ou les frontières européennes et qui ont  besoin d’aide. J’ai été frappé par l’exil  particulier de ceux que le retour forcé transforme en une sorte de parias ou d’exilés sur leur terre natale . Il y a chez ces personnes une solitude et un déracinement qui ne  ressemblent à rien d’autre ». Ezra Nahmad

Repères, vers Oujda, 2007. Dans le no man's land entre Maghnia et Oujda, les autorités du Maroc et de l’Algérie se renvoient les migrants, au gré des refoulements. " Tu es entre le marteau et l’enclume, enfermé au milieu d’un territoire immense." G. Il faut d'abord rejoindre à pied Oujda, ville la plus proche, en s'orientant le jour grâce aux rails de chemin de fer, aux poteaux électriques, la nuit avec les éclairages rouge de l'aéroport.© Laetitia Tura

« Je suis pas mort, je suis là. Maroc-Espagne, 2007 – 2010. L’externalisation du contrôle des frontières européennes se traduit au Maroc par la mise à l’écart des migrants. Refoulés loin des regards, ils élaborent des stratégies de camouflages, se fondent dans le paysage. Ils deviennent invisibles et se déplacent dans le blanc des cartes. Ils entrent en guerre. Quand j’ai voulu rendre perceptible cette expérience, j’ai été confrontée au risque de mettre en péril, plus encore, les migrants par l’image. Nombreux sont les obstacles d’un terrain qui ne tolère pas d’appareil photographique. Et pourtant. L’enjeu est bien de répondre à l’invisibilité et de replacer le migrant dans l’espace social en tant que personne et non comme une figure du criminel ou de la victime. Mais leur traversée est là et s’inscrit dans l’Histoire. » Laetitia Tura / Le bar Floréal.photographie

Festival Migrant’ Scene / Théâtre du Soleil, Cartoucherie de Vincennes
Samedi 27 novembre, de 9h à minuit
Métro : Château de Vincennes.

Programme complet de la journée : www.faitescirculerlesutopies.com/levenement

En savoir plus sur l’exposition : http://surlafrontiere.blogspot.com

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