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Sur les territoires de la Retirada    

Ils me laissent l'exil #1
Premier volet photographique d'un projet sur la transmission de l'exil


La frontière franco-espagnole qualifiée communément de naturelle par la présence d'une barrière montagneuse, est envisagée comme un lieu traversé par une histoire et un devenir. C'est à travers le refuge recherché par les milliers d'espagnols fuyant la victoire franquiste au terme de trois années de guerre civile que je la regarde.

En 2007, la loi de mémoire historique votée par le gouvernement espagnol, 70 ans après la fin de la guerre civile, ouvre la possibilité de récupérer ou d’acquérir la nationalité espagnole pour les enfants et petits-enfants des exilés installés en France ou en Amérique Latine.
Je remonte alors le cours de cette histoire, parcourts les passages empruntés par les exilés. Viennent ensuite les anciens camps d’internement, dont il n’y a plus aujourd’hui que le sable, la mer et la boue : Argelès-sur-Mer, Saint-Cyprien, Le Barcarès… Un peu plus au nord, Rivesaltes.
Je rencontre des témoins directs, puis leurs descendants. Certaines ont traversé leur vie avec le fantôme d’un disparu jamais retrouvé. Les enfants et petits-enfants deviennent les gardiens de la mémoire de leurs parents. Apparaissent peu à peu des mémoires en tension, entre l’amnésie et l’excès de  discours.
Chaque initiative de commémoration réactive des conflits différés et souligne les difficultés d’élaboration d’un récit partagé.
Ce travail ne  prétend pas à l’objectivité scientifique mais à restituer une forme sensible aux parcours de fabrication mémorielle.

Les images d'archives sont issues :
du fonds
CIDER (Centre internationale de documentation et d'études de la Retirada, Argelès-sur-mer) ; d'archives familiales dont certaines ont été recadrées ; et de sources inconnues trouvées sur internet.
Les objets trouvés sur la plage nord d'Argelès font également partie du fonds du fonds partagé Mémorial du camp d'Argeles-sur-Mer / FFREEE (Fils et filles de Républicains Espagnols et enfants de l'exode) ; du fonds Excelsior-L’Equipe/Roger-Viollet

Ce travail a bénéficié de l'aide à la photographie documentaire du CNAP.